Pour ses grands débuts en professionnel à seulement 18 ans, Ryad Boudebouz a affiché de sacrées promesses sur la pelouse niçoise.
Dans le microcosme du football professionnel, chaque CV dispose d'une ligne incontournable, à la fois anecdotique et fondamentale. Celle qui indique le lieu et la date du premier match disputé en Ligue 1. Ainsi, tout au long de sa carrière qui s'annonce brillante, Ryad Boudebouz gardera gravé dans sa mémoire ce Nice - Sochaux du samedi 4 octobre 2008. Au stade du Ray, le « gosse », comme l'appelle encore Francis Gillot, a même réussi un tour de force : faire oublier, justement, son très jeune âge. À la fois culotté lors de ses remontées de balle tout en dribbles, le Colmarien de naissance a également fait preuve d'une maturité étonnante par moments, donnant des passes aisées quand il le fallait, ou temporisant avec à-propos. « Dans le jeu de Sochaux, il faut être efficace, nous expliquait-il cet été. Jouer juste. Je me retiens de faire certains gestes car je risque de perdre la balle. Et je n'ai pas envie de me faire crier dessus ». Que Ryad se rassure : si quelqu'un l'approche cette semaine, ce sera plus certainement pour l'encourager ou le féliciter. Car comme Martin, Privat ou Tulasne avant lui, il a parfaitement réussi sa première.
Gillot l'aligne malgré les réticences
Et pourtant, la mission était loin d'être aisée. Débuter en Ligue 1 reste déjà une redoutable épreuve. Mais le faire à Nice, pelouse traditionnellement minée, et alors que le FC Sochaux pointait à la dernière place du classement, ressemblait presque à un cadeau empoisonné. Plusieurs membres du staff technique avaient d'ailleurs déconseillé à Francis Gillot de lancer la pépite dans un tel contexte. Mais le coach doubiste ne s'est pas démonté : « J'avais confiance en lui, et je trouve qu'il s'est bien tiré d'affaire. Vous savez, les jeunes, maintenant, n'ont plus peur de rien ! ». Il faut dire que les épreuves n'effraient plus vraiment ce pur produit du centre de formation.
Rejeton d'un père ouvrier et d'une mère au foyer, Ryad Boudebouz n'est pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Loin de là. Arrivé dès l'âge de 12 ans à Seloncourt, il a dû gérer rapidement l'éloignement familial, puis refuser, quelques années plus tard, une offre ferme de Manchester United. Rien que ça. À 18 ans, le garçon possède donc un certain vécu qui s'est traduit sur la pelouse azuréenne. « Au début c'était impressionnant, mais je me suis dit qu'il fallait que je me lâche, raconte encore Ryad en pensant à cette heure de jeu magique. Et le coach m'a dit que ça s'était assez bien passé, alors je suis content. En tout cas, la Ligue 1, c'est un autre monde. C'est magnifique : le public, l'ambiance, la préparation des matches : tout ! ».
À quand les débuts au stade Bonal ?
Maintenant qu'il y a goûté, le jeune homme ne pense plus qu'à une chose : plonger à nouveau sa fourchette dans ce plat délicieux. En espérant que le gâteau, cette fois, soit servi à Bonal. Si tel était le cas, dans deux semaines face au Havre par exemple, inutile de préciser qu'une bonne partie de la ville de Colmar serait dans les tribunes pour pousser Ryad, son protégé. Son incroyable talent !!!
Source l'Alsace